Confrontées à la perte de vitesse de la presse - et donc à la baisse de visibilité de leurs publicités - les marques ne pouvaient longtemps rester sans réagir

Relations marques / instagrameuses : le grand bluff

TEXTE : https://www.tendances-de-mode.com/2017/03/08/3727-relations-marques-instagrameuses-le-grand-bluff

S’il est désormais de notoriété publique que la mise en avant de tel ou tel produit au sein de la presse féminine s’explique souvent moins par les qualités intrinsèques dudit produit que par la présence de la marque sur la liste des annonceurs du magazine, les choses sont moins évidentes lorsqu’il s’agit de ce média à part entière qu’est devenu Instagram…

Confrontées à la perte de vitesse de la presse - et donc à la baisse de visibilité de leurs publicités - les marques ne pouvaient longtemps rester sans réagir

Confrontées à la perte de vitesse de la presse – et donc à la baisse de visibilité de leurs publicités – les marques ne pouvaient longtemps rester sans réagir : si elles voulaient continuer à toucher un large auditoire, il leur fallait conquérir ces nouveaux territoires où avait migré une partie du lectorat de la presse féminine, à savoir les réseaux sociaux, et plus particulièrement Instagram.

Fraîchement convertis à la religion du “like”, ces annonceurs autrefois férus de parutions sur papier glacé ne tardèrent alors pas à employer une technique qui avait jusqu’ici fait ses preuves : distribuer leurs produits gratuitement aux influenceuses en échange de visibilité sur leur média.
Dans un premier temps, cela se fit de manière assez discrète, voire indétectable. Comment savoir en effet que le jean aperçu sur telle jolie instagrammeuse lui avait été offert, que le thé infusant dans la tasse de telle autre lui avait été gracieusement envoyé par la marque, que la bougie savamment positionnée à côté d’un bouquet de fleurs était sponsorisée ou que les baskets de telle influenceuse relevaient du placement de produit et non d’un choix personnel ?

Oui mais voilà, grisées par le succès de leur stratégie de communication, les marques se firent de moins en moins subtiles, oubliant que pour conserver leur crédibilité (et donc leur pouvoir de prescription), les influenceuses se devaient de rester un minimum authentiques. De leur côté, sidérées par leur fulgurante ascension, ces dernières eurent beaucoup de mal à résister aux sirènes des marques, si bien qu’elles se retrouvèrent régulièrement avec les mêmes mocassins Gucci ou le même sac J.W. Anderson que leurs homologues…
Dernier exemple en date : le cas du sac Lou de chez Sandro, qui fut aperçu récemment sur les comptes Instagram de bon nombre d’influenceuses (voir ici, ici, ici, ici, ici et là). Difficile dans ces conditions de ne pas en déduire que le sac en question est furieusement dans l’air du temps. C’est en tout cas le message que Sandro tente ici de faire passer…

Et si ces pratiques n’ont en soi rien de répréhensible, il serait néanmoins bon que les différents acteurs fassent preuve d’un peu plus de transparence sur le sujet. Les consommatrices gagneraient en effet à savoir que ce n’est pas parce qu’un produit apparaît de manière récurrente sur Instagram que celui-ci est incontournable ou qu’il symbolise le cool ultime. La plupart du temps, le RP chargé de sa promotion a tout simplement su placer celui-ci là où il faut…

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