Ce tableau très sombre d’un avenir pandémique proche a été brossé par l’équipe en charge des recherches sur le Covid-19 de l’Imperial College de Londres

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Tableau très sombre

Il faut dire que les auteurs de l’étude en question, soumise aux gouvernements britannique et américain avant sa parution, n’ont pas pris de gants : ils prévoient qu’en l’absence de mesures particulières pour contrôler la pandémie, près de 2,2 millions d’Américains et 510 000 Britanniques succomberaient au Covid-19. Ils estiment aussi que plus de 80 % de la population des deux pays seraient contaminés et que le système de soins saturerait en un peu plus de deux semaines. Et les besoins en lits d’hôpitaux seraient trente fois supérieurs à la capacité d’accueil au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Ce tableau très sombre d’un avenir pandémique proche a été brossé par l’équipe en charge des recherches sur le Covid-19 de l’Imperial College de Londres. “Il s’agit de certains des meilleurs spécialistes au monde de la modélisation des maladies infectieuses”, a assuré Tim Colburn, épidémiologiste à l’Institut UCL pour la santé mondiale de Londres.

Ils sont partis des dernières données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur le nombre de contaminations du Covid-19 auxquelles ils ont appliqué les modèles de propagation des principales pandémies de grippes. Leur conclusion : le monde n’a rien connu de similaire depuis l’épidémie de grippe espagnole de 1918-1919, qui avait fait entre 50 et 100 millions de morts.

Face à cette menace, ces scientifiques jugent que les gouvernements de tous les pays n’ont que deux options, nécessitant, chacune, de lourds sacrifices sociaux et économiques dans la durée. La première approche consiste à atténuer la propagation en instaurant diverses mesures, tels que l’isolement des personnes à risque, la mise en quarantaine des familles d’individus contaminés et l’interdiction de rassemblement. Le but est de ralentir la diffusion du virus, tout en misant sur le fait qu’à mesure que les personnes atteintes développent une immunité au Covid-19, ce dernier disparaisse de lui-même, faute de nouveaux hôtes à infecter.

Cette solution est, cependant, intenable pour les systèmes de soins de la plupart des pays. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, par exemple, le nombre de patients qui devraient être traités à l’hôpital serait huit fois plus important que le nombre de lits disponibles. Une politique d’atténuation entraînerait probablement la mort de 250 000 personnes au Royaume-Uni et 1,1 million aux États-Unis.

l’Imperial College de Londres

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